La conseillère municipale de Seattle Kshama Sawant visée par un procès en diffamation pour avoir qualifié des policiers de «meurtriers»

Par Eric London
5 janvier 2018

Kshama Sawant, membre de Socialist Alternative élue au conseil municipal de Seattle en 2013, est la cible d’un procès en diffamation intenté par la police après qu’elle ait publiquement dénoncé deux policiers pour le meurtre de Che Taylor, un Afro-Américain de 42 ans, en février 2016.

Le Parti de l’égalité socialiste dénonce l’attaque juridique menée par la police contre Sawant et s'y oppose. Le SEP a des désaccords politiques clairs et bien documentés avec Sawant et Socialist Alternative. Cependant, le procès en diffamation, déposé en août par les agents Scott Miller et Michael Spaulding, est une tentative par de puissants groupes de l’establishment politique de bloquer toute critique contre la police qui est responsable de la mort de 38 personnes dans l’État de Washington en 2017 seulement.

Selon la plainte pour diffamation, Sawant aurait ruiné la réputation des deux policiers parce qu’elle «a dit publiquement le 25 février 2016 lors d’une manifestation à la suite de la fusillade que ces policiers sont des “meurtriers” et que la fusillade est le résultat d’un “profilage racial”». Dans sa plainte, les policiers dénoncent Taylor, la victime de la fusillade, comme «un criminel violent et un violeur». La plainte affirme également que la carrière des deux policiers a été «brisée» par les critiques de Sawant.

La police a tiré sur Taylor en exécutant un mandat contre un autre homme, les policiers affirmant que Taylor s’apprêtait à utiliser une arme pendant l’altercation. Les procureurs ont refusé de porter des accusations contre les policiers tireurs, une décision que la famille Taylor a dénoncée. Entre 2005 et 2014, une seule accusation contre un policier a été portée au criminel par les tribunaux dans l’État de Washington, bien que 213 personnes aient été tuées par la police pendant cette même période.

Sawant a déclaré que cette fusillade était «un meurtre flagrant perpétré par la police». Pour cela, elle a été dénoncée par le comité de rédaction du Seattle Times, qui lui a demandé de s’excuser. Sawant a déposé une requête en rejet de la plainte, invoquant l'immunité que lui accorde sa fonction d'élue.

Ce procès vise à faire taire toute critique contre les meurtres perpétrés par des policiers dans des conditions où ceux-ci tuent plus de 1000 personnes par année, et le tout constitue une attaque contre le droit démocratique fondamental à la liberté d’expression.

(Article paru en anglais le 3 janvier 2018)