Le PSG allemand et le PES britannique présentent leur programme pour les élections européennes lors de la réunion publique à Paris

Par notre correspondant
17 mai 2014

Le Partei für Soziale Gleichheit (PSG—Parti de l'égalité socialiste) allemand et le PES (Parti de l'égalité socialiste) britannique ont présenté dimanche leur programme pour les élections européennes du 25 mai lors d'une réunion publique à Paris. Plus de 50 personnes ont participé, y compris des travailleurs, lycéens et étudiants français et immigrés. Les interventions étaient en français et traduites en tamoul.

Antoine Lerougetel, correspondant du WSWS en France, qui présidait la réunion, a expliqué qu'au coeur de la campagne électorale commune il y avait la lutte contre le danger de guerre et de confrontation nucléaire entre les puissances occidentales impérialistes et la Russie.

Il a signalé le rôle du gouvernement français du Parti socialiste et de ses appuis de la pseudo-gauche qui soutiennent l'intervention impérialiste en Ukraine. L'unique mouvement politique en France qui est intervenu dans les manifestations du premier mai contre la guerre impérialiste était le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) et ses sympathisants

Lecture a été faite des salutations du PES britannique, envoyées par Julie Hyland, secrétaire nationale adjointe. Elle a dit que la décision du président français François Hollande de nommer comme premier ministre Manuel Valls, connu comme « le Tony Blair français », devait servir de sonnette d'alarme pour tous les travailleurs et tous les jeunes. « C'est le gouvernement de Blair », a-t-elle dit, « qui a conduit à une augmentation massive des inégalités sociales et qui a facilité la criminalité endémique de la City de Londres, qui a contribué à amener l'économie mondiale au bord de l'effondrement. »

« La politique droitière de Blair a pratiquement détruit le Parti travailliste britannique en tant que force électorale. Et il ne fait pas de doute que Valls aura le même impact sur le Parti socialiste. En Grande Bretagne, la réaction des travaillistes a été d'essayer de rivaliser avec la droite, tout en maintenant, bien sûr, leur adhésion à l'Union européenne. Sous la direction de son dirigeant Ed Miliband, le Parti travailliste a adopté la devise 'famille, foi, drapeau', exige davantage de restrictions sur la libre circulation des citoyens de l'UE et des immigrés, et a promis de poursuivre la politique d'austérité. En même temps les syndicats demandent 'des emplois britanniques pour les travailleurs britannique.' »

L'intervenant principal, Peter Schwarz, secrétaire du CIQI et dirigeant du PSG, a dit: « Nous présentons des listes de candidats en Allemagne et en Grande Bretagne, mais notre campagne électorale vise tous les travailleurs d’Europe. Nous saisissons l’occasion offerte par ces élections pour faire connaître notre programme dans l’Europe entière et pour construire une nouvelle direction révolutionnaire de la classe ouvrière. »

« Nous rejetons l’Union européenne. Elle incarne non pas l’unité de l’Europe mais les diktats des plus puissants intérêts économiques et financiers qui règnent sur l’Europe. Notre réponse à l’Union européenne, ce sont les Etats socialistes unis d’Europe. Ce n’est pas un simple slogan, mais la base d’un programme socialiste révolutionnaire. »

Schwarz a fait remarquer que « l'offensive incessante, depuis 2008, contre les acquis sociaux et les droits démocratiques de la classe ouvrière et qui a commencé en Grèce, au Portugal et en Espagne, est actuellement poursuivie en France et en Italie. » Il a ajouté « La crise sociale trouve son expression la plus forte dans les événements survenus en Ukraine. Exactement cent ans après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, l’Europe se trouve une fois de plus au bord d’une catastrophe militaire. »

Il a averti que « la confrontation avec la Russie fournit à l’impérialisme allemand un prétexte bienvenu pour se débarrasser de la politique de retenue militaire qu’il avait dû s’imposer après les crimes commis durant le Troisième Reich sous Hitler. » Comme déjà au 20ème siècle, l’Allemagne, a-t-il dit, tourne avec envie ses regards vers la région de la Mer noire, le Caucase, le Moyen-Orient, l’Asie centrale et les vastes territoires de la Russie. Les médias allemands mènent une campagne de propagande frénétique qui ne vise pas seulement la Russie mais aussi l'opposition à la guerre de la classe ouvrière allemande.

Un élément significatif de cette propagande belliciste des élites dirigeantes sont les tensions sociales grandissantes existant en Europe et aux Etats-Unis mêmes, a continué Schwarz. La classe dirigeante considère la guerre comme un bon moyen de détourner la colère de la population contre l'austérité et la concentration obscène des richesses entre les mains du un pour cent le plus riche.

Considérant la France, Schwarz a mis en garde contre le danger que représente le Front national (FN). Le programme de Valls apporte de l’eau au moulin de Marine Le Pen, a-t-il dit et il a ajouté: « Ses attaques sociales lui permettent de se faire passer pour la représentante des gens ordinaires. Ses tirades contre les immigrés font le jeu du racisme du FN... La classe dirigeante se fait de plus en plus à l’idée de faire appel aux fascistes pour réprimer les luttes de classe. » Ceci est démontré par les événements de Kiev, où les gouvernements européens collaborent étroitement avec les fascistes. »

Schwarz a souligné que « l’évolution du Parti socialiste jusqu’à devenir le pire ennemi de la classe ouvrière, en imposant les diktats du capital financier et en renforçant le FN, montre combien il est urgent de construire un nouveau parti révolutionnaire. »

Touts les tendances de la pseudo gauche, celles qu’on appelle à tort l’« extrême gauche », ont systématiquement soutenu le Parti socialiste aux élections et continueront encore à le faire à l’avenir.

Schwarz a dit que le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste), qui a abandonné toute référence de pure forme au trotskysme lorsqu'il a été fondé il y a cinq ans, est aujourd'hui une organisation pro-impérialiste. Il a soutenu la guerre impérialiste contre la Libye, il exige une intervention impérialiste en Syrie, et il a célébré le putsch fasciste en Ukraine.

En conclusion, Schwarz a dit: « Notre mouvement, le CIQI, a été construit dans une lutte idéologique et politique contre les tendances de la pseudo gauche. L'époque où elles pouvaient se présenter comme trotskystes et gagner une certaine influence est révolue. L’aggravation de la crise capitaliste et l’évolution droitière du PS démasque aussi ces groupes, qui sont étroitement liés à l’Etat bourgeois et à ses relais dans la bureaucratie syndicale et dans le PS. Il est grand temps de construire une forte section du CIQI en France.»

S'en est suivie une intense et vaste discussion. Des questions ont été posées sur la nature des régimes de Nasser en Egypte, Chavez au Venezuela et Poutine en Russie. Une traductrice, au courant des événements en Russie, voulait en savoir plus sur l'opposition au régime de Poutine.

Schwarz a répondu que notre opposition à l'offensive impérialiste contre la Russie n'impliquait aucun soutien pour Poutine, politicien nationaliste de droite, qui défend les intérêts des oligarques. Il a aussi expliqué qui ni la Russie ni la Chine ne sont des puissances impérialistes, contrairement à ce que prétendent les médias capitalistes et la pseudo-gauche.

(Article original paru le 14 mai 2014)