Des participants à la réunion publique à Paris commentent la campagne du PES aux élections européennes.

Par nos correspondants
17 mai 2014

Après la réunion électorale de dimanche à Paris, des participants ont parlé au WSWS de la situation politique et du programme commun du Parti de l'égalité socialiste (Royaume uni) et du Partei für Soziale Gleichheit (Allemagne) pour les élections européennes du 25 mai.

Thilip, 20 ans, est étudiant à Milton Keynes College en Angleterre. Il a dit: « Cette réunion a été une expérience nouvelle pour moi. Je me rends compte que l'Amérique et les gouvernements européens provoquent le risque d'une nouvelle guerre mondiale. La Troisième Guerre mondiale sera beaucoup plus dangereuse et désastreuse que les Première et Seconde Guerres mondiales. Maintenant, toute les grandes puissances possèdent des armes nucléaires. Si elles sont utilisées, elles pourraient complètement éradiquer un continent de la carte du monde.

La guerre génocidaire contre les civils tamouls au Sri Lanka m'a énormément affecté. Partout en Europe des dizaines de milliers de Tamouls ont manifesté dans la rue contre cela. Moi aussi, à l'âge de quinze ans, j'ai participé à cette manifestation avec d'autres jeunes, sans même demander la permission à ma famille. Mais nous n'avons pas réussi à stopper la guerre.

Thilip

« La question de pourquoi nous n'avons pas pu stopper la guerre m'a très longtemps taraudé. Actuellement, il y va de stopper une guerre beaucoup plus grande. L'allocution de Peter Schwarz sur comment arrêter la guerre me donne réellement de l'espoir. Il a dit: 'Nous ne pouvons empêcher la guerre que par l'unité de la classe ouvrière à l'échelle mondiale et par la construction d'un mouvement anti-guerre mondial qui se fonde là-dessus'. Je pense que c'est une analyse très juste.

« Beaucoup d'événements historiques ont été discutés pendant la réunion, tels que la trahison de Staline, l'accession au pouvoir de Hitler. Avant, je pensais que tous ces événements ne me concernaient pas. Mais là, je comprends qu'ils sont très importants. »

Arul est père de trois enfants. Il habite Paris depuis 30 ans. Il a dit: « Je suis venu à cette réunion car des événements inhabituels se passent en Ukraine. Cette réunion se tient à un moment de grand danger de guerre. Il faut trouver une solution. »

Il a indiqué du doigt les jeunes assis au premier rang durant la réunion. « Quel genre de planète allons-nous léguer à nos enfants et aux enfants du monde? Qu'est-ce qui arrivera si la guerre éclate? Dans son discours Peter a dit que si nous voulons empêcher la guerre, alors le système capitaliste qui engendre la guerre, doit être renversé. La classe ouvrière est l'unique force capable de le faire. Je suis entièrement d'accord avec cela. »

« Une politique basée sur l'ethnie, la race, la religion, la langue est réactionnaire. Jusqu'au présent cela n'a mené qu'à la dégradation. Une évaluation précise démontrant que cette politique réactionnaire ne peut apporter de solution au gens ni une vie paisible est seulement présentée par le World Socialist Web Site.

« Dans les année 1980, je faisais partie de ces jeunes qui avaient décidé de lutter contre l'oppression du peuple tamoul. A l'époque nous étions attirés par des campagnes proposant de résoudre les problèmes par la lutte armée. On nous a formés à cela. Nous croyions que les gens atteindraient la liberté, que nous pourrions abolir l'oppression et l'exploitation par la lutte armée. Mais ces mouvements n'arrivaient même pas à effleurer ces questions. Les perspectives nationalistes ont fini de façon désastreuse. J'arrive à comprendre cela maintenant après 30 ans d'expérience.

« Je ne veux pas d'un autre désastre mondial. Je suis venu à cette réunion pour empêcher le risque d'une guerre mondiale. »

Diane, âgée de 26 ans, termine un doctorat de chimie à Paris. Elle a dit: « C'est la première réunion du CIQI à laquelle je participe. J'ai commencé à lire le WSWS seulement récemment, sur la Syrie et quelques articles scientifiques. La réunion donne une idée complète de ce qui se passe dans le monde.

« Ce qui a été dit ici est différent de ce qu'on nous dit dans les médias sur la situation actuelle. L'intervenant a expliqué clairement les détails complexes et montré comment chaque thème ou chaque question est lié à d'autres questions.

« J'ai compris que nous allons être confrontés à une guerre mondiale et que l'humanité est en danger. Je suis d'accord qu'il y a le danger du fascisme en France. Là où j'habite, le Front national a obtenu 20 pour cent des voix aux élections municipales.

« Cela m'a surpris et je ne comprenais pas cette montée du FN. La réunion m'a aidée à comprendre. Elle a aussi éveillé mon intérêt pour le travail historique de Trotsky. Je vais lire ses écrits. Il est possible et correct que l'unique façon d'empêcher la guerre, c'est d'unir la classe ouvrière mondiale. »

C'était la deuxième fois que Naima assistait à une réunion du CIQI à Paris. Elle a dit: « J'aurais aimé une réponse sur les Frères musulmans en Egypte. Nasser était un dictateur, et les nationalistes collaborent avec les réactionnaires et ouvrent la voie à la droite. Mais je pense que l'Etat-nation peut être un rempart contre l'empiètement des multinationales qui dominent le monde. »

Laurence, âgée de 50 ans, travaille comme comptable dans une collectivité territoriale. Elle a dit: « Cette réunion m'a appris beaucoup de choses. Pour chaque question il y avait un rappel historique. Les médias et les politiques ne nous montrent pas ce qu'il y a derrière les événements, la création de l'Union européenne, l'URSS – j'en avais peu de notions.

« Les choses sont vraiment en train de changer. On nous traite tellement mal. Les gens sont en train de s'ouvrir l'esprit, ils se posent des questions sur la politique et sur une alternative à la droite et à la gauche.

« Le rôle des médias est effrayant. Ils prennent le pouls du peuple pour les politiques. Nous devons montrer comment ils manipulent et ce qu'il y a derrière. Je n'avais pas vraiment réfléchi à la politique avant. Il va falloir que je sorte de ma vie bisounours. »

(Article original paru le 14 mai 2014)