Dans l'assaut lancé contre l’est de l’Ukraine par le régime soutenu par les USA les atrocités fascistes se multiplient

Par Alex Lantier
18 juillet 2014

Alors que le régime de Kiev soutenu par l'Occident attaque les milices pro-russes dans les grandes villes de l'Est de l'Ukraine, des fosses communes sont découvertes à Slavyansk, l'ex-bastion de l'opposition récemment capturé par Kiev. L'offensive du gouvernement se déroule avec le soutien de Washington et de l'Union européenne (UE), qui a imposé hier des sanctions supplémentaires pour contraindre Moscou à abandonner tout soutien pour les milices de l'opposition en Ukraine. 

Andriy Lysenko, le porte-parole du Conseil de défense et de sécurité du régime de Kiev, a déclaré hier que « des centaines de corps de combattants rebelles » ont été retrouvés dans des tombes improvisées. Lysenko a affirmé que certaines de ces tombes « ont été minées par les terroristes » - impliquant apparemment que certains des morts ont été tués lors du siège de Slavyansk et enterrés par leurs compagnons de l'opposition avant que les forces de Kiev ne capturent la ville. Lysenko a refusé de donner plus de détails. 

Si le bombardement de Slavyansk par le régime de Kiev a sans aucun doute causé des centaines de morts, son propre compte-rendu montre que les milices nationalistes ukrainiennes d'extrême-droite qu'il a mobilisées mènent une campagne de terreur politique et de meurtres à Slavyansk. Quand ils ont pris la ville, ils ont fait prisonnier tous les hommes entre 25 et 35 ans parce qu'ils étaient soupçonnés d'être favorables aux milices de l'opposition ou de leur avoir apporté de l'aide, notamment de l'aide médicale.

Mardi, un responsable du ministère de l'intérieur, Anton Gerashchenko, a confirmé que deux prêtres de Slavyansk ont été tués pour avoir soutenu les forces de l'opposition. « Nous avons trouvé une tombe avec deux prêtres de Slavyansk, qui ont été torturés et tués par les nationalistes ukrainiens, » a dit Gerashenko. Les corps de deux fils de l'un des prêtres ont été découverts dans la même tombe que les dépouilles mutilées des prêtres. 

Le diocèse d'Odessa a confirmé que les nationalistes ukrainiens avaient menacé, frappé ou enlevé plusieurs prêtres orthodoxes, dont beaucoup sont considérés comme trop favorables à Moscou. Le secrétaire du diocèse d'Odessa, l'archiprêtre Andrei Novikov qui, craignant d'être arrêté par des groupes nationalistes ukrainiens, a fui vers Moscou a dit, « Je suis sûr que si le gouvernement maintient sa position, il pratiquera la liquidation physique du Patriarcat de Moscou en Ukraine. » 

Les déclarations de hauts responsables de Kiev durant le siège de Slavyansk se résument à un chèque en blanc à ses forces d'extrême-droite – dont des milices fascistes comme Secteur droit et le Bataillon Azov ou la Garde nationale nouvellement formée – pour assassiner des civils.

Le président Petro Poroshenko a juré que ses forces « liquideraient » les combattants de l'opposition. Adoptant les tactiques que les nazis ont utilisées contre les combattants de la résistance dans l'Europe occupée durant la Seconde Guerre mondiale, Poroshenko a appelé à des meurtres disproportionnés en représailles aux pertes subies par son régime, en disant : « pour la vie de chaque soldat, les militants en payeront des dizaines et des centaines de leur propre camp. »

Un reportage de la BBC sur le Bataillon Azov montre clairement le genre de racaille fasciste que le régime ukrainien et ses partisans à Washington et dans l'Union européenne lancent contre la population de l'Est de l'Ukraine. Il y a un entretien avec Mikael Skillt, un suprématiste blanc qui fut tireur d'élite dans l'armée suédoise et qui se bat maintenant dans le Bataillon Azov. Skillt a déclaré que cette unité comprenait « des nationaux-socialistes » qui portent la croix gammée, mais qu'il y a « même un libéral, mais je ne sais pas comment il est arrivé là. »

Le Bataillon Azov, qui est financé par l'oligarque milliardaire Igor Kolomoisky et a des agents de recrutement qui voyagent à l'étranger, est dirigé par Andriy Biletsky, le chef de l'Assemblée sociale nationale (ASN). La déclaration d'intentions officielle de l'ASN sur Internet indique que ses objectifs sont de « punir sévèrement » les relations sexuelles interraciales et « de préparer l'Ukraine à une nouvelle expansion et de lutter pour la libération de toute la Race Blanche de la domination du capital spéculateur internationaliste. » 

Contacté par la BBC, le régime de Kiev a défendu le bataillon Azov. Gerashchenko a déclaré, « l'Assemblée sociale nationale n'est pas une organisation néo-nazie. » Il a affirmé que les seuls non-ukrainiens dans le bataillon Azov sont « des journalistes de Suède, d'Espagne et d'Italie qui sont venus pour faire un reportage sur les accomplissements héroïques des combattants dans leur lutte contre le terrorisme. » 

Les atrocités fascistes perpétrées en Ukraine constituent une mise en accusation de Washington et des pouvoirs européens, qui ont publiquement encouragé les manifestations pro-UE à Kiev dirigées par les forces d'extrême-droite afin de faire tomber le président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch. Après avoir renforcé Secteur droit et les autres milices fascistes pour écraser la police anti-émeute de Ianoukovitch et installer un régime pro-occidental au cours du putsch du 22 février, les gouvernements occidentaux et les médias cachent maintenant les crimes fascistes. 

Les atrocités commises à Slavyansk exposent encore plus l'hypocrisie des partisans d’un impérialisme présenté comme défenseur des « droits de l'homme ». Ceux-ci ont applaudi l'intervention occidentale en faveur des manifestations de Kiev et le putsch du 22 février, dépeignant l'opposition anti-Ianoukovitch de droite et pro-UE comme un mouvement pour la démocratie (lire en anglais : In the service of imperialism: Right-wing “intellectuals” gather in Kiev). Leur silence sur les crimes du régime de Kiev souligne leur rôle d'agents de l'impérialisme et de la réaction fasciste.

Les puissances impérialistes occidentales accentuent leur soutien au régime de Kiev pendant qu'il intensifie sa guerre civile et sa terreur politique en Ukraine orientale. Hier, le président américain Barack Obama a annoncé de nouvelles sanctions contre la Russie lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche. 

Ces mesures visent des compagnies comme Rosneft, la plus grande compagnie pétrolière mondiale; Gazprombank, la filiale bancaire du géant du gaz naturel Gazprom; le producteur de gaz indépendant Novatek; et une banque d'investissement, Vnesheconombank. Elles visent également les groupes séparatistes des villes de l'Ukraine orientale Donetsk et Luhansk. Ces sanctions restreignent l'accès de ces entités aux prêts américains et au système financier américain. 

Obama a dit, « Ces sanctions sont importantes, mais elles sont également ciblées, » ajoutant qu'elles sont conçues pour limiter les « retombées » pour les compagnies américaines.

Alors que les forces gouvernementales ukrainiennes ont à plusieurs reprises lancé des provocations en tirant sur la zone frontalière russe, Obama a cyniquement imputé la responsabilité de la crise en Ukraine à Moscou. « Nous devons voir des actions concrètes, et pas seulement des mots qui démontrent que la Russie est engagée pour tenter de mettre fin à ce conflit le long de la frontière russo-ukrainienne, » a-t-il dit (lire en anglais : Moscow threatens response after Ukraine forces shell Russian border town). 

Réunies à Bruxelles le 16 juillet, les autorités de l'UE ont imposé des sanctions aux « individus ou entités qui fournissent activement du matériel ou un soutien financier aux décideurs russes responsables de l'annexion de la Crimée et de la déstabilisation de l'Ukraine orientale. » Ces sanctions comprennent une interdiction de voyager et un gel des avoirs qui affectera 72 personnes et entités russes. 

« La situation en Ukraine est inacceptable, » a dit le Premier ministre britannique David Cameron. « l'intégrité territoriale de ce pays n'est pas respectée comme il se doit par la Russie. » 

Les autorités de l'UE ont enchaîné par de nouvelles sanctions contre la Russie alors même que les économies de l'UE et de la Russie sont étroitement liées. Le commerce entre les deux économies se monte chaque année à plus de 300 milliards de dollars, des sanctions plus importantes risquent de déclencher un effondrement économique dans toute la région. 

La crise en Ukraine a déjà eu un effet sérieux sur l'économie européenne, d'après des données publiées par l'Agence européenne de la statistique Eurosat, qui a établi que les exportations de l'UE vers la Russie ont baissé de 11 pour cent et que les exportations russes vers l'UE ont décliné de 9 pour cent. 

(Article original paru le 17 juillet 2014)