Rassemblement pro-austérité de milliers de personnes à Athènes

Par Robert Stevens et Christoph Dreier
2 juillet 2015

Plus de 10.000 personnes se sont rassemblées sur la principale place d'Athènes, la place Syntagma, mardi soir pour appeler à voter « oui » au référendum de dimanche en Grèce sur les mesures d'austérité de l'UE. Beaucoup de manifestants portaient des drapeaux grecs ou de l'Union européenne, ainsi que des pancartes pro-UE, et scandaient « la Grèce, l'Europe, la démocratie » ou « Sauvons la démocratie, Oui à l'Euro ». 

Une partie de la manifestion en faveur du « oui »

Les revendications pour plus d'austérité et pour la démission du gouvernement étaient courantes dans la manifestation. Les participants venaient principalement de la classe moyenne aisée, parmi eux il y avait aussi des professionnels et des cadres du secteur public. 

Nombreux aussi étaient les participants bien nantis du type cadres supérieurs et gens d’affaires, politiquement affiliés aux partis du patronat précédemment au pouvoir, Nouvelle Démocratie (ND) et PASOK social-démocrate. Aucun parti n'a officiellement organisé la manifestation, mais elle était soutenue à la fois par ND et PASOK. Beaucoup de grandes et moyennes entreprises l’ont soutenue. 

Accusant le gouvernement Syriza d’être des « menteurs », une femme avec un drapeau grec a dit « Il nous faut à nouveau un gouvernement civilisé ». D'autres appelaient à un gouvernement d'unité nationale, y compris avec les partis de la « gauche, de la droite et du centre. » 

Parlant à l'aide d'un système de sonorisation, le maire d'Athènes, précédemment soutenu par le PASOK, a dit aux manifestants que le gouvernement devait démissionner. 

Selon un article publié dans le Guardian, la manifestation aurait été grossie par des travailleurs contraints à y participer. Ce journal a publié une note d'un de ses lecteurs disant que le ministère grec de l'Emploi et de l'Assurance sociale avait rapporté qu’il avait reçu toute la journée des dizaines de plaintes de la part de travailleurs. 

Ceux qui refusaient de rejoindre les délégations ont apparemment été menacés de licenciement immédiat. Selon le lecteur, « Le ministère mentionne les sociétés maritimes, celles du commerce des denrées alimentaires, les entreprises allemandes de produits électriques et les compagnies d'assurance mais ajoute que les plaintes viennent ‘vraiment de partout’ ». 

(Article paru en anglais le 1 juillet 2015)