Protestations de masse contre Trump dans tous les États-Unis

Par <fullname> Par une équipe reporters du <i>WSWS</i> </fullname>
26 janvier 2017

Des millions de personnes ont participé à des manifestations partout aux États-Unis et dans le monde samedi lors d’une puissante manifestation d’opposition à l’administration du président américain Donald Trump. Ces protestations sont les premiers signes du caractère de crise de la nouvelle administration Trump et des immenses bouleversements sociaux à venir. (Voir «La voie à suivre dans la lutte contre Trump»).

Les manifestations contre Trump samedi ont été les manifestations les plus importantes et les plus répandues de l’histoire des États-Unis, mobilisant entre 3 et 5 millions de personnes dans plus de 500 villes du pays. Avec des manifestations dans au moins 100 autres villes dans le monde, elles ont été les premières manifestations significatives coordonnées à l’échelle internationale depuis l’invasion américaine de l’Irak en 2003.

Des manifestations ont eu lieu à plus de 600 endroits sur tous les continents. Le rassemblement de Washington D.C. a attiré plus de 500.000 personnes – soit le double de la foule déclarée lors de l'investiture de Trump la veille – et un nombre aussi imposant était présent dans les rues de Los Angeles.

Environ 250.000 personnes se sont rassemblées au centre-ville de Chicago, tandis que 175.000 personnes se sont jointes à une marche à Boston. Au moins 400.000 personnes ont défilé à New York, la ville natale de Trump, 90.000 à St. Paul, au Minnesota, au moins 75.000 à Madison, au Wisconsin, et 60.000 à Atlanta, en Géorgie.

Sur le plan international, des manifestations ont eu lieu à Mexico, à Paris, à Berlin, à Prague et à Sydney. Jusqu’à 100.000 personnes ont défilé à Londres, ainsi que dans les villes britanniques de Cardiff, d’Édimbourg, de Leeds, Liverpool, Manchester et Bristol, ainsi qu’à Belfast, en Irlande du Nord.

Le World Socialist Web Site a mené une vaste couverture de ces manifestations et a présenté un premier article dimanche, suivi de plusieurs articles lundi. Nous fournirons une couverture supplémentaire et publierons plus d’entrevues au cours des prochains jours. 

New York (État de New York) 

À New York, environ 75.000 personnes s'étaient enregistrées pour la marche, mais selon les estimations il y aurait eu de 400.000 à 500.000 personnes. Des foules ont défilé en procession dans les rues de Midtown Manhattan pendant des heures le long de la 42e Rue et jusqu’à la Cinquième Avenue, pour aboutir devant la tour Trump.

Plus de 400 000 personnes ont défilé contre Trump à New York;

Des partisans du WSWS ont distribué près de 3 000 exemplaires de sa déclaration intitulée «L’investiture de Donald Trump : un événement qui restera marqué par l’infamie». Les partisans ont rencontré un vaste public réceptif aux critiques contre le Parti démocrate, mais également de nombreuses autres personnes nourrissant toujours des illusions envers ce parti.

Le chef de la minorité au Sénat Chuck Schumer est apparu le long du parcours de la marche, derrière une escorte et un cordon policier. Schumer, qui s’est présenté à certains moments comme un adversaire de Trump, avant de s’engager à travailler avec lui, a suscité les acclamations de nombreuses personnes dans la foule.

Dans la même veine, le maire de la ville de New York, Bill de Blasio, dont la police a adopté une approche très différente par rapport aux manifestations précédentes, a publié sur Twitter qu’il était «profondément inspiré» par la marche. Comme Schumer, de Blasio a promis que Trump trouvera une main tendue s’il veut «faire du vrai travail» plutôt que de poursuivre des politiques qui nuiraient à la ville de New York.

Kirsten, une résidente de Brooklyn âgée de 39 ans marchant avec sa petite de deux ans dit: «Je suis venue à cause de ma fille. Je suis préoccupée par tous les changements négatifs pour les femmes, les minorités, les gays – pour tout le monde. Je ne vois aucun avantage, sauf pour le 1 %. J’ai peur.»

«J’espère que ce ne sera pas juste une marche et qu’ensuite les gens seront satisfaits, dit-elle. Nous ne pouvons pas reculer. Mais je suis inquiète, je ne sais pas comment un changement va se produire sans un effondrement du système, et je ne sais pas comment on en est arrivés là. On dirait que les démocrates ne travaillent qu’avec Trump. Mais ce n’est pas raisonnable. Nous ne pouvons pas nous contenter de cela.»

Les manifestants Olivia, Brian et Robin, ont parlé au WSWS. Robin a expliqué qu’ils avaient déjà participé à d’autres manifestations contre la guerre et la brutalité policière, et qu’ils voulaient être à la Marche des Femmes de samedi à New York pour démontrer leur solidarité avec les manifestants de Washington D.C.

Olivia C., Brian et Robin

Il explique: «J’ai juste besoin d’être avec le monde. J’ai peur des dangers que représente l’administration Trump. Je suis un défenseur des droits des citoyens. Nous allons devoir lutter pour protéger les immigrants et défendre les droits de la personne. Je pense que la vraie question est de savoir si Trump sera capable de faire toutes les choses qu’il dit qu’il va faire puisqu’il doit passer par le processus démocratique.» Robin a cependant convenu que Trump semblait bien peu se soucier de suivre les règles, les règlements ou quelque procédure régulière.

Ariane est française et étudie actuellement aux États-Unis. «Je suis arrivée à New York il y a moins d’un mois comme étudiante étrangère en sciences politiques, explique-t-elle. J’ai été choquée de voir qu’il n’y a pas de soins de santé ici. Je n’ai pas pu me procurer mes médicaments, car ils coûtent 800 $. Je dois les obtenir de ma famille en France.

«C’est terrible parce que c’est un si grand pays, les gens sont si sympathiques, mais ils n’ont pas de droits humains fondamentaux à l’abri, à l’éducation et aux soins de santé. Cela remonte au capitalisme. Trump représente les capitalistes, et je pense qu’il faudra le socialisme. Comme Marx l’a dit, le capitalisme ne peut pas prendre fin sans révolution.»

Nadia, de Washington D.C., travaille pour une jeune entreprise dans le domaine de la technologie. Elle dit: «Je manifeste parce que je vois les inégalités et les obstacles pour les femmes et les minorités dans l’industrie de la technologie. Le plus grand obstacle est de ne pas avoir d’argent pour étudier parce que personne ne peut travailler dans l’industrie de la technologie sans études.

«J’ai regardé une partie du discours de Trump, et cela m’a rappelé le fascisme, même si je n’ai jamais vu aucun des discours d’Hitler. J’en ai vu quelques-uns de l’Union soviétique, et ça m’a rappelé cela, sauf qu’eux, ils disaient beaucoup de choses qui avaient de l’allure, mais Trump lui, n’en a pas.

«Je pense que cela va prendre un mouvement de la base pour vaincre Trump. Notre gouvernement ne va pas nous aider à défendre nos droits. 

Syracuse (État de New York) 

Il y a eu plusieurs manifestations dans les villes du nord de l’État de New York, notamment à Rochester et à Syracuse. Environ 2000 personnes ont participé à un rassemblement à Syracuse.

Lorraine, qui est venue avec sa famille, a expliqué pourquoi elle participait: «Il y a tant de choses fausses qui sont dites, et je ne savais pas trop comment mettre tout cela sur une pancarte. On parle de questions environnementales, de questions économiques, de questions de genre. Je ne sais pas pourquoi, mais quelque chose me dit que le mal fait par Donald Trump n’a pas fini avec sa moquerie d’une personne handicapée.

«En tant qu’enseignante, je suis tenue responsable de la façon dont les gens se comportent. J’ai l’impression qu’il y a tellement d’enjeux que je devais venir, ne serait-ce que pour me rassurer qu’il y a encore place pour la civilité et l’intelligence en politique. Je pense que nous devons vraiment nous mobiliser de façon à envoyer un message au 1 % de milliardaires que tout n’est pas OK.

«Le système bipartite ne va pas nous faire progresser, dit-elle. Et je ne suis même pas sûre que l’ajout d’un troisième parti nous fasse avancer. Nous devons nous battre pour le fondement de ces choses qui sont essentiellement justes à faire et agir comme des êtres humains. Le système bipartite ne favorise pas cela.» 

Rochester (État de New York)

Environ 1000 personnes ont participé à un rassemblement anti-Trump à Rochester, dans l’État de New York, portant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire que «l’amour triomphe de la haine», qu’«aucun humain n’est illégal» et d’autres slogans opposés aux politiques antidémocratiques de Trump.

Les reporters du WSWS ont parlé à Virginia, qui portait un signe arborant les mots Unqualified! Our children deserve better» (Incompétente! Nos enfants méritent mieux.) Exprimant son opposition à Betsy DeVos, choisie par Trump comme secrétaire à l’Éducation. Expliquant pourquoi elle était opposée à DeVos, Virginia explique: «Je suis à la fois parent et éducatrice et je travaille dans un programme 611 [pour les élèves handicapés].

Parlant de DeVos, elle dit : «Son manque de préparation, son manque de connaissance de l’Americans with Disabilities Act (Loi sur les Américains handicapés. [Elle n’a] absolument aucune expérience en éducation, de quelque sorte que ce soit, sinon que d’avoir un gros portefeuille.»

Washington D.C. 

Le WSWS a parlé à des manifestants qui ont marché dans les rues de Washington, D.C.

John, un juriste, dit: «Je suis d’accord avec l’idéal du socialisme», bien qu’il admette qu’il n’est pas sûr de la façon dont la société pourrait y arriver. «Il y a suffisamment de ressources pour que tous vivent harmonieusement sur cette planète, mais il faut que les gens aient conscience qu’ils ont le pouvoir et qu’ils doivent travailler ensemble.» 

Il pense que le Parti démocrate est «éminemment» responsable de l’élection de Trump. «[Le président Bill] Clinton a poursuivi beaucoup de politiques commencées par Ronald Reagan. Bien sûr, il souriait en assurant aux gens qu’il “ressentait leur douleur”, mais il a détruit les programmes d’aide sociale du pays et construit son complexe carcéral.»

John insiste sur le fait que les gens «doivent s’assurer que les dirigeants qu’ils appuient défendent bien leurs intérêts, ajoutant que Hillary Clinton et Obama étaient assis sur la même scène que Trump lors de son investiture.» Sur le rôle joué par Bernie Sanders dans l’élection, il dit: «Sanders est toujours un démocrate. Vous ne pouvez pas appuyer quelqu’un qui ne représente pas vos intérêts.»

Johnny Silvercloud, un journaliste indépendant couvrant la marche, déclare qu’il croit que les républicains détenant le pouvoir ont maintenant «deux options – ils peuvent essayer de tenir le gouvernement Trump pour responsable, ou ils peuvent continuer de violer les règlements et d’abaisser les normes. On dirait bien que c’est cette dernière option qu’ils ont choisie.»

«Je crains que Trump ne commence une guerre», poursuit Silvercloud, qui reconnait le caractère imprudent du nationalisme économique de Trump et son populisme de pacotille. «Trump dit qu’il va “ramener le charbon”. Je lui demanderais, pourquoi ne pas tenter de ramener la machine à vapeur tant qu’à y être? Il ne peut pas faire cela. La société a fondamentalement changé et il faut s’adapter pour que les habitants du Rust Belt et des Appalaches puissent avoir des emplois.» 

Lansing (Michigan) 

La manifestation à Lansing, au Michigan;

Une foule estimée entre 8000 et 9000 personnes s’est rassemblée à l’extérieur du Capitole de l’État à Lansing, au Michigan, pour protester samedi.

Tessa, une assistante sociale à la retraite, a participé à la manifestation de Lansing avec son mari, Norm, également retraité. En ce qui concerne les soins de santé, elle dit: «L’État ne protège pas les droits individuels. Les compagnies d’assurance essaient de contourner les lois.

«Trump a manifestement une maladie mentale. Je suis surprise qu’il soit intervenu pour attaquer les droits individuels. Je ne pense pas qu’il ait choisi un seul membre de son cabinet qui soit adéquat.» Elle se prononce sur les promesses d’emplois de Trump pour le Michigan : «Rien que des mensonges. Tout comme il a dit qu’il n’allait pas toucher à Medicare (l’assurance-maladie) et à la sécurité sociale.»

Dave et Lisa

Dave et Lisa sont professeurs d’école. Ils ont émis leurs préoccupations au sujet de l’éducation sous Trump. Lisa dit: «Betsy DeVos fait son chemin partout jusqu’à présent et veut faire de l’éducation une source de profits.» Dave ajoute: «Les gens qui ont déjà des difficultés ne vont absolument pas bénéficier des politiques de Trump.» Pour ce qui est des menaces de guerre, il dit: «Nous avons deux fils. Nous ne voulons pas les voir mourir à la guerre.»

Ann Arbor (Michigan) 

Au moins 11.000 personnes ont participé à une manifestation à Ann Arbor, dans le Michigan, remplissant le «Diag» qui est la place centrale de l’Université du Michigan. Deux étudiants finissants du secondaire venant du nord de Detroit, Cameron et Andrew, ont conduit près de 100 kilomètres pour participer à la protestation. Andrew déclare :

«Cette élection a confirmé beaucoup de croyances politiques que je commençais à développer, alors j’ai pensé que les manifestations de masse seraient un bon endroit pour faire des connexions et trouver d’autres personnes qui partagent mes idées. Je me suis intéressé à la campagne de Sanders, et je me suis inscrit à un chapitre de la DSA, (Socialistes démocrates d’Amérique) et des trucs comme ça. Mais je veux faire quelque chose pour lutter contre Trump, et c’est pour cela que je suis venu ici.»

Une partie de la manifestation contre Trump à Ann Arbor

Lorsqu’on leur a demandé pourquoi ils craignent Trump, Andrew a répondu: «J’ai peur de son nationalisme, de son nativisme et de sa misogynie. Je ne pense pas qu’il soit vraiment fasciste encore, mais il en est dangereusement proche. Je pense que les manifestations de masse sont une puissante démonstration d’unité et montrent que des masses de personnes peuvent se mobiliser pour une cause et j’espère que les gens voient cela.»

Cameron partage ces sentiments: «J’ai été déçu de voir que Sanders a soutenu Clinton. J’ai voté pour Clinton, mais seulement parce que je déteste tellement Trump. Son rôle en tant que secrétaire d’État pour aider l’Arabie Saoudite avec toutes les ventes d’armes là-bas, ce qu’elle a fait en Haïti, au Salvador et au Nicaragua, je n’aime rien de cela.»

En ce qui concerne le fait que le pays ait été impliqué dans des guerres d’agression pour la majeure partie de leur vie, Cameron répond, «je n’aime pas la guerre, et plus je lis au sujet de pourquoi nous sommes dans ces endroits, plus je suis sceptique.» Andrew ajoute, «moi aussi j’ai commencé récemment à faire des recherches sur ces trucs. C’est l’une des grandes raisons pourquoi j’ai été déçu par Clinton, parce qu’elle soutient ces guerres. Elle n’est pas beaucoup mieux que Trump. Je pensais que Sanders était beaucoup plus modéré à ce sujet.»

Lorsque les reporters du WSWS ont contesté la notion que Sanders était contre les guerres, et qu’il a en fait joué le rôle clé dans l’arrivée de Trump au pouvoir en jetant tout son soutien derrière Clinton, Cameron et Andrew n’étaient pas en désaccord. 

St. Paul (Minnesota) 

Parmi les près de 100.000 manifestants réunis samedi à St. Paul, au Minnesota, le WSWS a parlé notamment à Stephanie et lui a demandé pourquoi elle participait au rassemblement.

«Je suis sortie dans la rue aujourd’hui parce que je veux défendre les droits des femmes et des enfants, la justice sociale et l’égalité raciale de toutes sortes. C’est vraiment réconfortant de voir toutes les pancartes ici représentant tant de causes diverses qui ont à voir avec la paix et la justice pour tout le monde.

«Je pense qu’un moment comme celui-ci est vraiment un beau moment pour réaliser le pouvoir de la démocratie et le pouvoir du peuple qui se lève contre quelque chose. Et, malheureusement, il a fallu que Donald Trump soit élu pour ce genre de réaction et potentiellement même une révolution.»

Lorsqu'on lui a demandé de commenter l’administration Obama et son expansion des guerres de George W. Bush, Stephanie a déclaré: «Je ne suis pas en faveur de ça. Je pense aux élections d’il y a huit ans et aux primaires démocrates. Tant Obama qu'Hillary Clinton étaient les candidats les plus faucons.

Elle poursuit: « Mais pendant les primaires démocrates de 2016, j’étais tout à fait d’accord avec tout ce que Bernie Sanders avait à dire. J’ai pensé que c’était vraiment rafraîchissant d’entendre sur une scène nationale des croyances allant dans le sens des miennes et que je n’avais pas entendues depuis longtemps.»

Le WSWS a souligné que Sanders a appuyé Clinton, et du coup, les politiques de celle-ci. Après une pause, Stephanie a dit: «C’est compliqué.» Elle a vu Hillary Clinton comme un moindre mal par rapport à Trump, «même si elle ne s’aligne pas totalement avec toutes mes croyances idéologiques. Je ne suis pas d’accord avec son attachement à Wall Street ou ses opinions en matière de politique étrangère.»

Le WSWS a également parlé à Johanne qui participait au rassemblement avec un ami. «Je suis ici pour protester contre toutes les stupidités qui arrivent à Washington D.C., dit-elle. Je suis pour les soins de santé universels, les droits démocratiques pour tous, y compris les LGBT, les réfugiés, les Somaliens et mes amis et voisins musulmans. Elle ajoute: il y a une dépravation morale dans tout cela. Il n’y a plus rien qui tourne rond quand un homme comme Trump obtient la présidence. Nous devons examiner attentivement ce qui nous a amenés ici. Par exemple, tout le monde a droit aux soins de santé, tout le monde a le droit de gagner sa vie pour pouvoir nourrir sa famille, d’avoir accès à des services de garde abordables. Nous avons besoin d’une refonte morale complète. On nous pousse au bord du gouffre!»

Elle ajoute : «Quand vous enlevez quelque chose aux gens, ils deviennent motivés à agir. Les riches nous oppriment, mais nous pouvons nous soulever, car nous sommes plus nombreux qu’eux.»

Leticia, une étudiante, explique: «Je suis d’accord, la classe est la principale division de la société. Je ne suis pas autorisée à dire cela dans le milieu universitaire cependant.» Elle exprime également sa frustration face à la domination des campus par le Parti démocrate, disant: «Jamais je n’aurais pu voter pour Hillary Clinton. Elle est horrible. Quand j’ai essayé d’expliquer cela aux gens dans le milieu universitaire, ils m’ont dit que j’étais une misogyne.» Elle ajoute, «je n’ai pas voulu voter pour Trump ou Clinton, parce qu’ils sont tous les deux pareils. J’ai voté pour Jill Stein même si je n'appuie pas le Parti Vert.»

(Article paru d'abord en anglais le 24 janvier 2017)