Il y a 100 ans : Les vainqueurs de la Première Guerre mondiale ouvrent une « conférence de paix » à Paris

21 janvier 2019
Les dirigeants impérialistes à la Conférence de paix de Paris

Le 18 janvier 1919, les vainqueurs impérialistes de la Première Guerre mondiale (Grande-Bretagne, France, Italie, Japon et États-Unis) convoquèrent la tristement célèbre Conférence de la paix de Paris pour répartir le butin d’un bain de sang de quatre ans, aux dépens de les perdants, l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie, la Bulgarie et la Turquie. La conférence allait donner lieu à une série d’accords oppressifs, notamment celui du Traité de Versailles.

La conférence s’ouvrit au prétendu « Salon de la paix » au siège du ministère français des affaires étrangères à Paris. Des représentants d’au moins 32 pays étaient présents, dont certains avaient été créés pendant les mois suivant l’éclatement de l’empire d’Autriche-Hongrie. À la demande du Premier ministre français Georges Clemenceau, la date d’ouverture choisie était le 48ᵉ anniversaire de la proclamation de l’empire allemand en 1871, après la défaite de la France lors de la guerre franco-prussienne.

Le travail principal de la conférence était la répartition du monde sous l’hégémonie des puissances impérialistes victorieuses. Les possessions de l’Empire ottoman turc au Moyen-Orient furent confiées principalement à la France et à la Grande-Bretagne, en conformité avec l’Accord précédemment secret Sykes-Picot et jetèrent les bases du système d’États-nations dans la région qui perdure à ce jour. Les colonies allemandes d’Afrique furent réparties entre la France et la Grande-Bretagne.

La délégation japonaise quitta la conférence après avoir reçu seulement la moitié de ce qu’elle souhaitait des possessions allemandes en Asie et dans le Pacifique. L’Italie n’obtient que de petits territoires dans les régions adriatiques de l’Autriche-Hongrie limitrophes de l’Italie. Cet échec fut un facteur dans la montée du fascisme italien dans les années suivantes.

Les deux côtés de la guerre civile russe, les Blancs monarchistes-capitalistes et le gouvernement soviétique furent exclus de la représentation officielle, bien que des régimes bourgeois dans diverses parties de l’ancien empire tsariste, tels que l’Ukraine, l’Arménie et la Géorgie (sous le régime menchevik) eussent une représentation officielle.

La conférence sema les germes de la prochaine guerre mondiale grâce au Traité de Versailles finalement imposé à l’Allemagne par les puissances victorieuses, avec des paiements de réparations cuisantes qui ont contribué à l’instabilité de la République allemande de Weimar et à la montée des nazis.

Elle a également créé la Société des Nations, initialement proposée par le président américain Woodrow Wilson, qui était un mécanisme permettant de réglementer les antagonismes inter-impérialistes et d’assurer aux États-Unis un certain contrôle sur les affaires européennes. Cependant, le sentiment isolationniste aux États-Unis demeurait toutefois fort et le Congrès américain refusa de ratifier la participation américaine à la Société des nations.

(Article paru en anglais le 19 janvier 2019)