La fraude du «capitalisme progressiste»

Par Nick Beams
30 avril 2019

La perspective d'une explosion sociale à mesure que l’inégalité de la richesse et des revenus atteignent de nouveaux sommets commence à alarmer certaines personnes dans les échelons supérieurs de l'élite financière et du monde des affaires aux États-Unis.

Plus tôt ce mois-ci, le fondateur et dirigeant du fonds d’investissement Bridgewater, Ray Dalio, a publié un long essai, contenant des données et des graphiques, montrant la croissance exponentielle de l'inégalité au cours des trois dernières décennies, dans lequel il a affirmé qu'une «sorte de révolution» pourrait se produire dans des conditions de ralentissement ou de récession de l'économie américaine.

Tout en exprimant son soutien inconditionnel au système de profit, qui a fait de lui un individu extrêmement riche (sa fortune personnelle est d'environ 17 milliards de dollars), Dalio a écrit qu'il était en train de «produire une boucle de rétroaction auto-renforcée qui élargit l'écart revenu/richesse/opportunité au point que le capitalisme et le rêve américain sont en danger.» Ces «résultats inacceptables» n'étaient pas le résultat de personnes malfaisantes faisant de mauvaises choses ou le produit de la paresse et de l'inefficacité bureaucratique, mais étaient «dus à la façon dont le système capitaliste fonctionne maintenant».

De l'autre côté de l'Atlantique, à Londres, le Financial Times a noté les craintes croissantes dans les milieux financiers américains quant à la croissance du sentiment anticapitaliste et socialiste dans un article important publié lundi et intitulé «Pourquoi les dirigeants américains sont inquiets au sujet du capitalisme».

Il cite l'essai de Dalio et ses remarques à l'émission «60 Minutes» de CBS que «le capitalisme est brisé» et à un «moment crucial» et que les Américains pourraient le réformer ensemble «ou nous le ferons en conflit».

Il souligne également les préoccupations du président de JP Morgan Chase, Jamie Dimon, qui a écrit dans sa dernière lettre aux actionnaires que le rêve américain était en train de s’«effilocher». Le capitalisme a sorti des milliards de personnes de la pauvreté, écrit-il, mais «cela ne veut pas dire que le capitalisme n'a pas de défauts, qu'il n'abandonne pas les gens et qu'il ne doit pas être amélioré.»

Ces appels à la «réforme» sont motivés par de profondes craintes quant aux implications du déplacement vers la gauche de larges couches de la population américaine. Sa banque ayant reçu des milliards de dollars du gouvernement et bénéficié à hauteur de centaines de milliards de dollars des politiques d'argent bon marché de la Fed, Dimon a exprimé ces craintes en déclarant que le socialisme serait une «catastrophe pour notre pays».

Soulignant les motivations des PDG, l'article cite le président de la Fondation Ford, valant 13 milliards de dollars, Darren Walker. «Une partie de ce qui les effraie, c'est la politique», a-t-il dit. «Ce qui les effraie vraiment, c'est quand ils regardent les données montrant que les jeunes sont de plus en plus à l'aise avec le socialisme comme moyen d'organiser l'économie. C'est incroyablement effrayant pour eux.»

Selon un sondage Gallup de l'an dernier, 51 % des Américains de 18 à 29 ans ont une opinion positive du socialisme, tandis que le pourcentage de ceux qui ont une opinion positive du capitalisme a chuté de 68 % à 45 % depuis 2010. Ces chiffres sont d'autant plus frappants que l'anti-socialisme est une véritable religion dans les médias et l'establishment politique américains.

Par conséquent, des efforts acharnés sont maintenant entrepris pour s'assurer que ce mouvement de gauche n'aille pas plus loin et ne parvienne pas à la compréhension qu'un véritable socialisme ne peut être réalisé que par le biais d'une lutte politique de la classe ouvrière pour mettre fin au système capitaliste de profit. Cela nécessite l'affirmation qu'une certaine réforme du capitalisme est possible.

L'un de ces efforts est présenté dans un article de l'éminent économiste bourgeois de «gauche» Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, intitulé «Le capitalisme progressiste n’est pas un oxymore» publié dans le New York Times le 19 avril.

M. Stiglitz commence par souligner qu'en dépit du taux de chômage officiel le plus bas depuis la fin des années 1960, quelque 90 % de la population ont vu leurs revenus stagner ou diminuer au cours des 30 dernières années, que les États-Unis affichent l'un des niveaux d'inégalité les plus élevés parmi les économies avancées et que les perspectives économiques des jeunes Américains dépendent davantage des revenus et de l'éducation de leurs parents que n’importe où ailleurs.

«Mais les choses n'ont pas à être ainsi. Il y a une alternative: le capitalisme progressiste.» Elle est basée sur l'idée que «nous pouvons canaliser le pouvoir du marché pour servir la société.»

Cette affirmation est basée sur une falsification complète de l'histoire du système capitaliste.

Selon M. Stiglitz, le niveau de vie a commencé à s'améliorer à la fin du 18e siècle parce que le développement de la science a permis d'améliorer la productivité et que nous avons «appris à travailler ensemble, grâce à des institutions comme la primauté du droit et des démocraties faisant respecter l'équilibre des pouvoirs.»

«Des systèmes d'évaluation et de vérification de la vérité étaient la clé des deux institutions. Le danger réel et durable de la présidence Trump est le risque qu'elle fait courir à ces piliers de notre économie, son attaque contre l'idée même du savoir et de l'expertise, et son hostilité envers les institutions qui nous aident à découvrir et évaluer la vérité.»

Il faudrait plus d'espace que nous n'en avons ici pour traiter en détail de cette absurdité, fondée sur l'affirmation que le développement de l'économie capitaliste est le résultat de l'application de la raison pure et que l'individu Donald Trump est soudainement apparu, comme sorti de nulle part, pour menacer les piliers même d'une société rationnelle.

Rappelons simplement quelques faits historiques: que dans les économies capitalistes d’origine coloniale comme les États-Unis et l'Australie, la propriété capitaliste et les relations de marché ont été établies sur la base d'une guerre génocidaire contre la population indigène; que l'accumulation des richesses, surtout dans le berceau du capitalisme industriel, l'Angleterre, puis ailleurs, dépendait de l'exploitation intensifiée de la population ouvrière; que le libre marché et le système de propriété capitaliste ont établi leur dominance mondiale par des guerres de conquête impérialistes, menant à deux guerres mondiales au 20e siècle.

De plus, l'établissement du cadre politique du système de profit a été accompli aux États-Unis par deux révolutions: la guerre d'indépendance de 1776-1773 et la guerre civile, encore plus sanglante, de 1861-1865.

Les réformes dans l'intérêt de la masse de la population aux États-Unis et dans d'autres grands pays capitalistes n'ont pas été faites pour établir un contrat social, comme le soutient Stiglitz, mais ont été le résultat de vastes luttes sociales, inspirées par la Révolution russe d'octobre 1917, et n'ont été mises en place que par la crainte profonde et fondée des classes au pouvoir que ces luttes provoqueraient des troubles sociaux dans le monde. C'était une réalité politique que Roosevelt connaissait bien lorsqu'il a mis en œuvre son New Deal, même si Stiglitz l'a oublié.

Quant à Trump, son accession à la présidence et l'établissement de formes autoritaires de gouvernement, ainsi que la promotion de l'idéologie fasciste, sont l'expression d'une maladie profondément enracinée dans l'ordre social et économique. Trump n'est pas un «outsider» mais un véritable produit du développement historique du capitalisme américain.

La pièce maîtresse de l'analyse de Stiglitz sur les maux de l'économie capitaliste est qu'ils découlent de «l'adoption du fantasme néolibéral selon lequel des marchés sans entraves peuvent apporter la prospérité à tous.» Ce point de vue, poursuit-il, doit maintenant être mis de côté pour que le «capitalisme progressiste», fondé sur un «nouveau contrat social entre électeurs et élus, entre travailleurs et entreprises, entre riches et pauvres, et entre ceux qui ont un emploi et ceux qui sont sans emploi ou sous-employés», puisse être établi.

Ce point de vue, avancé sous diverses formes par une multitude d'aspirants réformateurs, des économistes néokeynésiens à la soi-disant «gauche» du Parti démocrate, est que si seulement il y avait un retour à une certaine forme du «pacte social» de l'après-guerre, alors la société capitaliste américaine pourrait bénéficier d'un nouveau souffle de vie.

Mais la question qu'aucun d'entre eux n'aborde jamais, et encore moins ne répond d'une manière significative, est la suivante: pourquoi ce prétendu pacte social – lui-même un fantasme plutôt qu'une réalité puisque l'Amérique d'après-guerre était déchirée par des conflits sociaux et de classe – s’est-il effondré?

C'est comme si soudainement, un matin, vers la fin des années 1970, les dirigeants politiques des États-Unis et du monde entier s’étaient réveillés du mauvais côté du lit et avaient décidé qu'il fallait adopter l'idéologie du libre marché sans entrave, détruisant l'ordre social qu'ils avaient si soigneusement construit pour maintenir le pouvoir capitaliste après les luttes turbulentes, et parfois révolutionnaires, de la période précédente.

Il n'y a aucune trace de science, économique ou autre, dans une telle méthode. Elle cherche la source des changements dans l'économie capitaliste dans la mentalité des politiciens bourgeois, comme Reagan ou Thatcher dans les années 1980, ou dans les changements dans les théories de l'économie bourgeoise, de l’économie réglementée keynésienne aux doctrines du libre marché de Milton Friedman.

L'explication scientifique de la fin du boom de l'après-guerre doit être recherchée dans les processus internes, matériels et objectifs de l'économie capitaliste, qui ont été à l'origine de l'adoption du néolibéralisme fondé sur la domination effrénée du marché et du capital financier.

Pour renforcer son affirmation de la possibilité d'un «capitalisme progressiste», Stiglitz remonte à la période qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, lorsque le «rêve américain», après la dévastation des années 1930, était finalement en cours de réalisation.

«En tant qu'économiste, écrit-il, on me demande toujours: Pouvons-nous nous permettre d'offrir cette vie de classe moyenne à la plupart, pour ne pas dire tous, les Américains? D'une façon ou d’une autre, nous l'avons fait quand nous étions une société beaucoup plus pauvre après la Seconde Guerre mondiale.»

L'implication est que puisque l'Amérique est aujourd'hui un pays beaucoup plus riche en termes de production de richesse matérielle que dans l'après-guerre, alors il doit être possible, sous le capitalisme, de fournir les niveaux de vie croissants qui ont caractérisé les trois décennies suivant la guerre.

De telles affirmations reposent sur un défaut fondamental. La force motrice de l'économie capitaliste, sa dynamique inhérente, n'est pas l'apport de plus de richesse matérielle. Le capitalisme est mû par l'accumulation du profit, dont la source est la plus-value extraite de la classe ouvrière dans le processus de production. Et ici, la question clé est le rythme auquel cette accumulation se produit, mesuré par le taux de profit.

L'évolution historique du boom de l'après-guerre, sa disparition et l'évolution de l'économie capitaliste depuis lors doivent être examinées de ce point de vue. L'Amérique était un pays «plus pauvre» dans la période d'après-guerre en ce sens qu'elle produisait moins de richesse matérielle sur une base absolue et par habitant qu'aujourd'hui. Mais pendant cette période, le capitalisme américain a connu des taux de profit stables et même en hausse.

Cette reprise, après les catastrophes des années 1930, était le résultat de processus mondiaux. C'est le résultat de l'extension des méthodes les plus productives du capitalisme industriel américain aux autres grandes économies – l'Allemagne et l'Europe occidentale, le Royaume-Uni, le Japon et des puissances capitalistes secondaires comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande – qui a considérablement augmenté la masse de plus-value extraite de la classe ouvrière.

Du point de vue du processus d'accumulation du capital, toutes les réformes et concessions à la classe ouvrière – augmentation des salaires et amélioration des conditions sociales – représentent une déduction de la masse de la plus-value disponible au capital pour son expansion. Mais l'expansion de la plus-value disponible pendant le boom de l'après-guerre était telle qu'il a été possible d'augmenter à la fois le taux de profit et le niveau de vie. Comme le disait l'adage: une marée montante soulevait tous les bateaux.

Pour les intellectuels bourgeois qui manquaient de vision, il est apparu que les contradictions fondamentales du capitalisme, mises à nu par Marx, contradictions qui avaient produit deux guerres mondiales, le fascisme et la Grande Dépression en l'espace de trois décennies seulement, avaient été surmontées.

Mais l'expansion du boom de l'après-guerre ne pouvait se poursuivre indéfiniment. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, les taux de profit ont commencé à baisser. La loi de la tendance à la baisse du taux de profit, caractérisée par Marx comme la loi la plus importante de l'économie politique du point de vue historique, avait commencé à se réaffirmer. Essentiellement, cela signifiait que les concessions faites à la classe ouvrière entraient maintenant en conflit direct avec les exigences de l'accumulation du capital, c'est-à-dire avec la force motrice du système du profit.

Toutes les tentatives visant à résoudre cette situation à l’intérieur de l'ordre social et économique de l'après-guerre ont échoué. Les efforts pour intensifier l'exploitation de la classe ouvrière dans le système de production industrielle existant n'ont produit que des luttes de plus en plus militantes. En même temps, les méthodes de l'économie keynésienne, basées sur la stimulation de l'économie par l'intervention de l'État, n'ont abouti qu'à la stagflation. C'est-à-dire une hausse du chômage associée à une accélération de l'inflation, possibilité que la doctrine keynésienne avait écartée.

Face à cette situation insoluble, les classes dirigeantes aux États-Unis et dans les autres grandes économies, épousant désormais les doctrines du néolibéralisme, ont organisé une restructuration fondamentale de l'économie capitaliste. Elle comprenait une série d'éléments interdépendants, notamment: la destruction de vastes secteurs de l'industrie d'après-guerre; l'organisation de la production mondiale pour utiliser des sources de main-d'œuvre moins chères; et l'utilisation de nouvelles technologies informatiques et systèmes d'information pour réduire les coûts de production et intensifier l'exploitation des travailleurs.

Ces mesures se sont accompagnées de la libération du capital financier des contraintes qui lui avaient été imposées pendant le boom de l'après-guerre. Cela lui a permis de jouer un rôle central dans la réorganisation complète de l'industrie par des rachats, des fusions et des acquisitions, souvent via le marché des «obligations pourries» (junk bonds), et de créer les conditions d'une accumulation de bénéfices par le biais du marché boursier et autres formes de spéculation.

Il en a résulté l'institutionnalisation d'un système dans lequel la richesse créée par le travail de la classe ouvrière a été siphonnée jusqu'aux sommets de la société, entraînant la stagnation et la baisse pure et simple des salaires réels et la création du plus haut niveau d'inégalité sociale jamais vu dans l'histoire, aux États-Unis et dans le monde.

Des changements radicaux au cadre juridique s'imposaient pour faciliter cette domination du capital financier. Dans son article, Stiglitz souligne le rôle clé joué par l'administration Reagan dans ce processus. Mais il s'arrête là. Les mesures adoptées sous Reagan n'étaient qu'un début. Elles ont été poursuivies et approfondies sous l'administration Clinton, dont Stiglitz lui-même a fait partie en tant que président du Conseil des conseillers économiques du président en 1995-97.

C'est l'administration Clinton, avec Robert Rubin à la tête du Trésor, après 26 ans passés chez Goldman Sachs, qui a mis fin au «système de prestations sociales tel que nous le connaissons» et abrogé la loi Glass-Steagall en 1999, supprimant les dernières restrictions imposées au capital financier dans les années 1930.

Si les mesures adoptées au cours des trois dernières décennies ont permis d'augmenter les taux de profit, il n'y a pas eu de retour aux conditions du boom de l'après-guerre. L'économie américaine n'est plus caractérisée, comme elle l'était à cette époque, par la croissance des investissements et l'expansion des emplois décents, mais par la montée du parasitisme et de la spéculation. Cela s'est accompagné de nouvelles formes d'exploitation, d'une insécurité constante des travailleurs, de systèmes salariaux à deux échelons et de l'augmentation des emplois occasionnels et juste-à-temps, ainsi que de la détérioration des conditions des fonctionnaires, surtout des enseignants.

L'économie américaine n'est plus tirée par les investissements dans de nouvelles installations de production, mais dépend de plus en plus de l'injection de milliards de dollars dans le système financier pour entretenir la spéculation, à commencer par la décision du président de la Réserve fédérale américaine de l'époque, Alan Greenspan, d'ouvrir les robinets pour les banques et les sociétés financières après le krach boursier qui a frappé les marchés en octobre 1987.

Tous ces processus et tendances ont atteint de nouveaux sommets au cours de la décennie qui a suivi le krach financier de 2008, de sorte que l'économie et le système financier américains ne peuvent tolérer aucun retour à ce qui était autrefois considéré comme des politiques monétaires «normales», de peur que cela ne produise une nouvelle crise, encore plus dévastatrice.

L'élément central du programme mis de l'avant par Stiglitz et d'autres est une augmentation des impôts en vue de conclure un nouveau pacte social. Mais la faillite de cette perspective est immédiatement mise en évidence si l'on considère le résultat de telles mesures. Bien avant d'être promulguées, elles seraient confrontées à une contre-révolution d'en haut dirigée contre la classe ouvrière. Les grands traits de cette contre-révolution sont déjà bien visibles avec la volonté de l'administration Trump de développer des formes autoritaires de gouvernement, soutenues par les démocrates qui cherchent à détourner l'opposition au régime Trump derrière les allégations bidon d'ingérence russe.

Les chemins qui s'ouvrent devant la classe ouvrière américaine, et par extension la classe ouvrière du monde entier, ne sont pas un «choix» entre la réforme – le développement du «capitalisme progressiste» – et le socialisme. Les alternatives sont plutôt la contre-révolution ou la lutte pour la révolution socialiste, c'est-à-dire la prise du pouvoir politique par la classe ouvrière pour mettre fin à la domination de l'oligarchie financière et réorganiser l'ensemble de l'économie pour répondre aux besoins humains.

Les partisans du «capitalisme progressiste», surtout ceux de la soi-disant «gauche» du Parti démocrate, qui ne perdent jamais une occasion de proclamer leur fidélité au marché, soutiennent que la seule perspective «réaliste» est la leur. En fait, elle est tout à fait impossible à réaliser parce que le mode de production capitaliste, déchiré par des contradictions qui se sont aggravées depuis la fin du boom de l'après-guerre, ne peut rien tolérer qui ressemble, même de loin, aux réformes du passé.

La lutte pour un véritable programme socialiste est une tâche extrêmement difficile et complexe. Mais c'est la seule perspective viable. Pour relever ces défis et les surmonter, il vaut la peine de se rappeler les paroles d'Abraham Lincoln en décembre 1862 alors qu'il luttait pour la Proclamation d'émancipation:

«Les dogmes du passé tranquille sont inadaptés au présent orageux. L'occasion est remplie de difficultés, et nous devons être à la hauteur de l'occasion.»

Aujourd'hui, la tâche est l'émancipation de la classe ouvrière de la domination et de l'esclavage par une oligarchie financière impitoyable. Les dogmes dépassés d'une époque révolue, avancés par Stiglitz et d'autres, ne sont pas seulement inadéquats. Ils ont pour but de détourner le mouvement anticapitaliste et socialiste croissant de la classe ouvrière et de la jeunesse des tâches urgentes à accomplir.

(Article paru en anglais le 26 avril 2019)