Michael Lang, 18 ans, étudiant en première année à l'Université de Dayton, mort du COVID-19

Par Genevieve Leigh
29 octobre 2020

Michael Lang, un étudiant de première année à l'Université de Dayton dans l'Ohio, est décédé jeudi dernier après des semaines de lutte contre le virus COVID-19. Il n'avait que 18 ans.

De toute évidence, Michael était un jeune en parfaite santé, heureux, en grande forme physique, sans problèmes de santé sous-jacents.

Michael est arrivé sur le campus au début du mois d'août avant le début des cours à l'université. Sa mère, Katy Lang, a déclaré à ABC Chicago qu'elle avait des réserves quant à l'envoi de son fils à l'université au milieu de la pandémie, mais qu'elle savait qu '«il était impatient de commencer un nouveau chapitre de sa vie».

« Je pense qu'il était juste tout content, un jeune typique de 18 ans, de s'éloigner de la maison », a déclaré Katy Lang à la chaîne d’informations locale.

Michael Lang (Credit: University of Dayton)

Lang a commencé à montrer des symptômes de COVID-19 avant le Labor Day (fête nationale du Travail). Il aurait dit à ses parents qu'il avait perdu son sens du goût et de l'odorat, un symptôme courant du virus.

Il est rentré chez lui en quarantaine à La Grange, dans l'Illinois, le 13 septembre, une semaine après avoir présenté des symptômes. Cette chronologie des événements suggère que Michael a attrapé le virus sur le campus. Cependant, la direction de l'université continue d'insister sur le fait qu’il n’est pas « établi » où il se trouvait lorsqu'il a été infecté.

Depuis sa réouverture, l'université a signalé plus de 1400 nouveaux cas de COVID-19. Les nouveaux cas quotidiens ont culminé à 167 le 28 août. Malgré une forte augmentation des cas sur le campus, dans tout l'État, la région et en fait dans tout le pays, l'université a poursuivi ses projets de retour aux cours en présentiel.

Suite à la mort de Lang, l'école n'a annoncé aucun changement dans son fonctionnement ni aucune mesure de sécurité supplémentaire. Chose étonnante, l'université a depuis assoupli encore plus les restrictions existantes, permettant aux étudiants de retourner dans les réfectoires et reprendre d’autres activités intérieures, selon les informations d'étudiants inscrits à l'université qui ont parlé au WSWS, sous couvert d'anonymat.

Quand Michael est rentré chez lui, il a reçu un premier test COVID-19, qui s'est révélé négatif. Ce n'est qu'après avoir subi un arrêt cardiaque vers la fin du mois de septembre qu'un deuxième test a montré qu'il était effectivement porteur du virus.

«Il n'avait aucun problème de santé préexistant. Il n'était même jamais allé à l'hôpital. Il avait eu ses examens physiques annuels pour le sport », a déclaré sa mère à ABC Chicago. « C'était un jeune en très bonne santé.»

Michael a été transporté d’urgence à l'hôpital lors de son arrêt cardiaque. Il est resté hospitalisé jusqu'à sa mort jeudi.

On n’ose pas imaginer le chagrin qui accable les parents de Michael qui ne sont coupables que d’avoir voulu que leur enfant profite des jalons et expériences importants associés au départ du foyer familial et aux études à l'université.

La mort de Michael a eu un impact profond sur toute la communauté, et bien au-delà. Des milliers de commentaires de condoléances ont inondé Internet depuis l'annonce de sa mort jeudi.

Sur Twitter, un utilisateur a répondu à un tweet du compte @FacesOfCovid: «Son sourire – vous pouvez voir qu'il a égayé la vie de ceux qui l'entouraient. Repose en paix. Toutes mes condoléances. J'ai des enfants de 17 ans et 19 ans – je ne peux pas imaginer, et ce n'est pas juste. »

Un autre utilisateur a écrit: «J'ai également des enfants de 17 et 19 ans et je ne peux pas imaginer à quel point je serais en colère si mon gouvernement « abandonnait» le combat contre le covid-19.» Rappelant de récents commentaires du président Donald Trump, l'utilisateur a ajouté: « Nous n'allons pas contrôler la pandémie. »

Le message original a été partagé plus de 2 000 fois et marqué « like » par plus de 6 000 personnes.

Dans la nécrologie de Michael, publiée en ligne, on peut trouver des dizaines de messages d'amis et d'étrangers:

L’un d’eux dit: « Je n'ai malheureusement pas eu la chance de connaître Michael et je ne peux pas comprendre ce que vit votre famille en ce moment. Je suis vraiment désolé de votre perte. En tant que professeur à l’Université de Dayton et malade de longue durée du COVID-19, cela me brise le cœur que vous ayez perdu quelqu'un de si précieux pour vous. Il est difficile de comprendre pourquoi moi, quelqu'un qui a deux fois l'âge de votre fils, je suis toujours là. Je sais que cela ne diminue en rien votre douleur, mais je veux que vous sachiez qu'il restera toujours dans mes pensées alors que j'étudie les effets du COVID-19 sur les jeunes adultes. Votre famille reste profondément dans mes pensées ».

Un autre dit : « Chère famille Lang – Je ne vous connais pas, mais cela me brise le cœur de savoir que vous avez perdu votre cher et dynamique fils Michael. Sa vie a été dense, mais beaucoup trop courte. En tant que parent d'un étudiant de première année à l'université, j'ai le cœur brisé pour vous. Je vous garderai, vous et votre famille, dans mes prières et j'espère que l'héritage de Michael sera son grand amour de la vie et de tous ceux qu'il aimait ».

L'effusion de soutien d'amis, de camarades et même de parfaits étrangers à cette mort tragique est un puissant témoignage de l'immense sensibilité et de la compassion ressenties par de larges masses de la population envers tous ceux qui souffrent des conséquences de la pandémie.

Si la mort de Michael est particulièrement tragique compte tenu de son âge, elle est loin d'être une exception.

À ce jour, plus de 232 000 personnes aux États-Unis ont succombé au virus et 1 170 000 sont décédées dans le monde. Les États-Unis sont à l'origine de plus d'un cinquième des décès dans le monde, bien qu'ils ne représentent que 4,5 pour cent de la population mondiale.

Le nombre de morts aux États-Unis comprend d'innombrables étudiants jeunes, en bonne santé et brillants comme Chad Dorrill, 19 ans, de Caroline du Nord, Jamain Stevens Jr, 20 ans de Pennsylvanie et Jezreel Lowie B. Juan d'Hawaï - pour n'en nommer que quelques-uns.

Ces décès, comme celui de Michael Lang, étaient tout à fait évitables.

Depuis le début de la pandémie, la principale préoccupation de l'élite dirigeante américaine, démocrate comme républicaine, n'a pas été la santé et le bien-être des travailleurs et des jeunes, mais la santé financière et le bien-être de Wall Street, des grandes entreprises et des comptes bancaires des riches.

Conformément à ces priorités, les deux partis ont de fait adopté la politique de « l'immunité collective », c'est-à-dire de permettre au virus de se propager rapidement et largement parmi les jeunes, leurs familles et collègues, et ensuite à l'ensemble de la population, coûte que coûte. Cette politique a incité la campagne incessante visant à minimiser la gravité du virus et à rouvrir les écoles et les universités.

Les jeunes et les travailleurs ont subi (article en anglais) les immense conséquences émotionnelles, psychologiques et physiques de cette politique, tandis que d'autres, comme Michael, ont été envoyés à une mort précoce.

Les travailleurs de première ligne et les étudiants qui sont retournés aux cours en présentiel font état de leur sentiment de peur et d’anxiété constante. Ils craignent pour leur propre sécurité et leurs moyens de subsistance mais ils ont aussi peur qu'ils pourraient transmettre le virus à leurs proches sans le savoir.

Malgré les tergiversations des deux partis politiques, pratiquement rien n'a été fait pour protéger la population. Les tests restent à des niveaux extrêmement bas. Lorsque les tests sont facilement accessibles, ils sont – comme le premier test de Michael – souvent peu fiables. Le traçage des contacts est presque inexistant. Les allocations de chômage ont été coupées pour des millions de personnes. Les services sociaux sont privés de ressources. Et malgré toutes les preuves scientifiques qui indiquent que l'enseignement en présentiel entraînera plus d'infections, d'hospitalisations et de décès, la campagne gouvernementale de réouverture des écoles continue.

Cette réalité est le résultat de politiques motivées par le capitalisme, un système socio-économique qui priorise le profit aux dépens de la vie. La vie des travailleurs et des jeunes est considérée comme insignifiante et leur décès est à inscrire aux pertes et profits.

Dans un tel système, la mise en œuvre de politiques rationnelles – l'arrêt de la production non essentielle, la mise en quarantaine, les tests de masse et la recherche des contacts, la coordination systématique des ressources économiques, scientifiques, industrielles et informationnelles – sont écartées car elles se heurtent aux profits de l'élite dirigeante.

Une approche rationnelle de la pandémie pour sauver des vies ne sera pas adoptée en élisant l'un ou l'autre politicien bourgeois, qu'il s'agisse du républicain Donald Trump ou du démocrate Joe Biden, à la présidence.

Ce qu'il faut, c'est l'intervention politique de la classe ouvrière avec un programme et une perspective socialistes authentiques représentant ses propres intérêts de classe.

Le Parti de l' égalité socialiste et son mouvement étudiant et de jeunesse, les Jeunes et étudiants internationaux pour l' égalité sociale, encouragent vivement les enseignants, les universitaires, les parents et tous les autres travailleurs qui partagent notre perspective de s'engager aujourd'hui dans notre lutte.

(Article paru en anglais le 26 octobre 2020)